BEYROUTH (Reuters) - Le ministre français des Affaires étrangères Bernard Kouchner a vivement dénoncé lundi les obstacles de dernière minute qui bloquent un accord entre les factions libanaises sur un candidat consensuel à la présidence de la République.

La majorité pro-occidentale et l’opposition pro-syrienne sont censées parvenir à un compromis avant l’expiration, vendredi, du mandat d’Emile Lahoud, un allié de Damas, faute de quoi le Liban entrera dans une dangereuse zone d’ombre institutionnelle.

Kouchner a rencontré successivement le chef de la majorité parlementaire, le sunnite Saad Hariri, et le président de la Chambre, l’opposant chiite Nabih Berri, qui doivent choisir un candidat de consensus sur une liste que leur a soumise, à la suggestion de la France, le patriarche maronite.

“Tout était convenu. Maintenant, je suis surpris, la France est surprise, que quelque chose achoppe, quelque chose a bloqué, quelque chose a déraillé et j’aimerais que chacun assume ses responsabilités”, a déclaré un Kouchner visiblement hors de lui au sortir de son entretien avec Hariri.

“J’aimerais savoir qui n’est plus d’accord. J’aimerais savoir qui a intérêt au chaos, qui a intérêt à ce que l’élection n’ait pas lieu, qui a intérêt à rendre encore plus compliquée la vie de tous les Libanais”, s’est-il exclamé.

Kouchner, qui en est à sa deuxième visite à Beyrouth en une semaine, a rappelé que même la Syrie, qui n’a pas renoncé à un droit de regard sur la situation chez son petit voisin, avait accepté l’idée de choisir un candidat sur la liste soumise par le patriarche maronite Nasrallah Sfeïr.

“Je veux savoir qui bloque (…) mais je vous dis que celui qui prendra la responsabilité d’avoir bloqué ce processus accepté par tous portera celle de la déstabilisation du Liban et de ses conséquences pour la région”, a affirmé Kouchner.

“NOUS AVONS DEUX JOURS DEVANT NOUS”

Après trois reports, la Chambre des députés libanaise est de nouveau convoquée mercredi pour choisir le successeur de Lahoud, en principe à la majorité qualifiée des deux tiers, impossible à obtenir sans accord préalable entre la coalition au pouvoir et l’opposition.

Celle-ci a présenté l’ancien général Michel Aoun, chef du principal groupe parlementaire chrétien et la majorité a proposé deux candidats, auxquels s’ajoutent trois personnalités dites modérées: le député Robert Ghanem, l’ex-gouverneur de la Banque du Liban Michel Khouri et l’ancien ministre Michel Eddé, tous maronites, la constitution libanaise réservant la présidence à un chrétien.

Kouchner n’a pas précisé qui bloquait, selon lui, le choix d’un candidat de consensus, mais son homologue italien Massimo d’Alema avait déclaré samedi que la difficile recherche d’un consensus était entravée par l’insistance d’Aoun à prétendre au poste.

D’Alema a précisé que Berri et Hariri s’estimaient en mesure de parvenir à un accord avant la réunion de la Chambre bien qu’ils n’aient pas les mêmes noms en tête, ajoutant: “Les ingrédients d’un compromis sont là, mais tout peut encore d’ici là aller de travers.”

Kouchner a, lui aussi, exprimé l’espoir qu’un accord soit trouvé avant mercredi. “Nous avons deux jours devant nous. Nous allons continuer à travailler”, a-t-il dit à l’issue de son entrevue avec Berri.

Faute d’accord, la majorité menace d’élire un président à la majorité simple, issue rejetée par l’opposition qui n’exclut pas en pareille hypothèse de faire nommer par Lahoud un gouvernement rival de celui de Fouad Siniora avant qu’il ne quitte ses fonctions.

La secrétaire d’Etat américaine Condoleezza Rice a téléphoné dimanche à Siniora et Berri pour s’enquérir de la situation, tandis que le roi Abdallah de Jordanie a effectué une rare visite en Syrie pour s’entretenir avec le président syrien Bachar al Assad.

Les deux hommes ont souligné “la nécessité d’aboutir à une solution de compromis qui préserve la stabilité du Liban”, dont le prochain président sera le premier à être élu hors de la présence des troupes syriennes, contraintes de quitter le pays en 2005.




1 Comment. Add your own...

  • 1. LF Forever | November 19th, 2007 at 8:35 pm

    العماد عون : لا يوجد رئيس توافقي بل هناك حل توافقي يضمنه رئيس
    last fantasy.



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