Article publié le 11 Octobre 2007
Par Dominique Torrès
Source : LE MONDE

“Bienvenue à l’aéroport Rafic-Hariri”, susurre une voix féminine tous les quarts d’heure. 7 h 30 du matin, le hall est vide. Seule une salle d’attente est noire de monde. Sur le mur, un panneau indique “zone de réception pour les bonnes”. Des chrétiens, des musulmans, des couples, des familles entières, arrivent. Parmi eux, M. Hadj, un médecin franco-libanais. Il est pressé, le travail à l’hôpital l’attend : “Les agences s’occupent de tout, explique-t-il, mais il faut venir soi-même pour la livraison de la bonne.” “En 2002, j’ai littéralement sauvé de la famine une Togolaise en la prenant chez moi, raconte une dame en jeans. Je l’ai d’abord payée 50 dollars (35 euros) par mois, mais au bout de six mois, comme elle travaillait très bien, je l’ai augmentée à 75 dollars (53 euros).

Depuis des années, des jeunes filles d’une trentaine de pays pauvres viennent se placer comme domestiques au Liban. Aujourd’hui, elles sont plus de 90 000 Sri-Lankaises, 30 000 Ethiopiennes, 40 000 Philippines, sans parler des autres nationalités, dont beaucoup de Burundaises et de Malgaches. Une personne sur seize vivant au Liban est une domestique étrangère, selon le quotidien anglophone Daily Star. Ces domestiques sont payées 200 dollars par mois pour les Philippines (les plus éduquées), 150 dollars pour les Ethiopiennes, 100 dollars pour les Sri-Lankaises - moins de 20 centimes d’euro de l’heure. L’employeur peut à tout moment “rendre” la bonne, qui, elle, n’a pas le droit de partir.
Ce matin, les futurs employeurs attendent les passagères de l’avion d’Ethiopian Airlines arrivé à 2 heures du matin : 200 jeunes filles pour l’heure parquées sous douane, accroupies les unes contre les autres. Pas de boissons, pas de nourriture, pas de toilettes. Comme l’exige la sûreté nationale, leur passeport transitera directement des mains du policier des frontières à celles de l’employeur.
La jeune Ethiopienne qui foule pour la première fois le sol libanais ignore que son passeport ne lui sera rendu que le jour de son départ. Elle ne se doute pas qu’à cet instant elle vient de perdre sa liberté. Le docteur Hadj vérifie d’un coup d’œil que le nom correspond à celui que lui a donné l’agence, fait, d’un geste du bras, “yalah”, sans parole ni sourire. Son maigre bagage à la main, la jeune fille tente de le suivre en jetant des regards terrorisés de tous côtés. Ils doivent se rendre à l’agence de placement. Là, elle va probablement signer un nouveau contrat, en arabe, avec des conditions qui n’auront plus rien à voir avec les engagements pris dans son pays. Son salaire risque de diminuer. Selon l’ambassade des Philippines, certaines jeunes filles travaillent gratis les trois premiers mois, voient la durée du séjour obligatoire passer de deux ans à trois ans et sont privées de toute liberté : interdiction de sortir seule de la maison, de correspondre avec sa famille et de communiquer avec l’extérieur. Sans parler de la chambre promise qui risque d’être un balcon, voire la cuisine ! Refuser de signer ? Trop tard. Sans argent, sans passeport, elles voient le piège se refermer.
Le jour de la signature du contrat, l’agence se verse entre dix et quinze fois le premier salaire de la domestique. Une jeune Ethiopienne revient au total à 2 400 dollars à l’employeur (billet, visa, visite médicale, contrat chez le notaire, etc.). Une somme importante, dont 60 % reviennent à l’agence. A Beyrouth, 380 agences de placement de personnel de maison officielles envahissent le paysage d’affiches publicitaires. Il y a quelques années, l’une d’entre elles avait même proposé des soldes de Sri-Lankaises !
21 juin 2007. Anlyn Sayson, une jolie Philippine de 21 ans, arrive au Liban. Le 29 juin, elle meurt, en se jetant d’un balcon du cinquième étage d’un appartement de Beyrouth. Que s’est-il passé durant cette semaine pour pousser une jeune fille sans histoires à se suicider ? Selon la police libanaise, la jeune domestique aurait fait une crise de nerfs chez ses employeurs à Tripoli, dans le nord du pays. Ceux-ci l’auraient illico ramenée à l’agence de placement NK Contrat, à Beyrouth. Le patron de l’agence, Negib Khazaal, raconte que la jeune fille était très excitée et que l’un de ses employés lui aurait donné des calmants avant de la laisser seule dans l’appartement. A 3 heures du matin, les voisins ont entendu des cris. Ils ont trouvé le corps fracassé de la jeune fille gisant sur le trottoir. Résultats de l’autopsie : il y avait des doses massives de méthanol, une substance neurotoxique particulièrement dangereuse, dans l’estomac d’Anlyn Sayson.
Si sa mort a donné lieu à quelques lignes dans la presse locale, la plupart de ces suicides ont lieu dans l’indifférence totale. Pourtant, le nombre de suicides de domestiques ne cesse d’augmenter : 45 Philippines, 50 Sri-Lankaises et 105 Ethiopiennes se sont suicidées ces quatre dernières années. “Dans de nombreux cas, raconte Sami Kawa, médecin légiste, les mortes sont couvertes d’ecchymoses, de morsures ou de brûlures.”
Tout un système d’exploitation est en place où chacun, Etat, agences, employeurs, joue sa partition, souvent avec la complicité des pays d’origine. Depuis 1973, le Liban “importe” des domestiques étrangères qui ne sont protégées par aucun texte de loi : le code du travail ne s’applique pas à elles. Et selon les associations caritatives, leur situation ne cesse d’empirer. “Depuis quelques années, nous enregistrons une augmentation des actes de violence et de viols”, explique-t-on à Caritas.
“A ma connaissance, il n’y a pas eu au Liban une seule condamnation pour crime ni pour viol en trente ans, seulement quelques rares et faibles condamnations au pénal pour coups et blessures”, souligne Me Roland Tawk, qui défend les domestiques depuis plus de dix ans. La plupart des affaires se traitent à la libanaise : comme la majorité des cas de maltraitance s’accompagnent de non-paiement de salaire, la victime laisse tomber sa plainte pour viol contre le versement de son salaire, ou bien le salaire est totalement oublié, mais elle récupère enfin son passeport. La violence n’est pas l’apanage des employeurs. Ici, on peut faire corriger une bonne par la police ou, plus fréquemment, par les agences de placement.
Le résultat d’un sondage effectué par l’association Caritas en 2007 auprès de 600 employeurs est édifiant. Plus de 91 % des sondés confisquent le passeport de l’employée, 71 % ne la laissent pas sortir seule, plus de 31 % avouent la battre, 33 % limitent sa nourriture, 73 % surveillent ses fréquentations et 34 % la punissent comme un enfant.
Elles sont quarante, cachées au sous-sol de l’ambassade des Philippines. Trente à l’ambassade du Sri Lanka. Autant dans une annexe de l’ambassade d’Ethiopie. Toutes veulent rentrer au pays mais n’ont pas touché leur salaire depuis des mois voire des années. Les journaux publient les noms et souvent les photos de celles qui sont en fuite, et la police est chargée de ramener les fuyardes à l’employeur de gré ou de force.
A l’ambassade d’Ethiopie, Yeftusran, 22 ans, est prostrée sur une chaise depuis le matin. Elle a un bras cassé. L’assistante sociale de l’ambassade, Lina, Libanaise compatissante, tente de comprendre son histoire, mais Yeftusran est mutique, hormis quelques mots qu’elle répète en boucle : “Je veux rentrer à Addis-Abeba.” Ses yeux sont vides, sa détermination est terrifiante. Au bout de plusieurs heures, la jeune femme lâche par bribes son histoire. Depuis quatre ans, elle vit dans une famille de campagnards, dans le nord du pays. Le fils de 22 ans lui a cassé le bras parce qu’elle n’avait pu - ou su - ramasser la grand-mère impotente qui gisait au sol. Yeftusran ne veut ni voir un médecin ni en dire plus. Le lendemain, l’ambassade fera chercher ses affaires personnelles pour l’expédier à Addis-Abeba. “Nous avons eu trois suicides cette semaine, j’ai peur pour celle-ci, murmure Lina. Une Ethiopienne arrivée il y a deux jours est à l’hôpital. Elle serait tombée d’un balcon”, poursuit l’assistante sociale en levant les yeux au ciel.
Environ 400 domestiques croupissent en prison pour des vols imaginaires, affirme Me Roland Tawk. Dès qu’une employée de maison prend la fuite, l’employeur dépose plainte pour vol. Durant l’été 2006, l’attaque israélienne au Liban et le désarroi des Libanais fuyant les bombes ont été largement couverts. Les médias ont évoqué, sans s’attarder sur le sujet, le nombre de 30 000 domestiques abandonnées dans des appartements fermés à clef, souvent avec le chien. A leur retour, les employeurs étaient furieux. La domestique était partie ! “Nous avons eu beaucoup de mal à récupérer leurs passeports, certains employeurs menaçaient d’entamer des procès pour abandon de poste”, raconte Annie Israel, assistante sociale à l’ambassade des Philippines.
Le dimanche, les services religieux sont bondés à Beyrouth. Les domestiques qui ont droit au congé hebdomadaire et celles qui sont en fuite se retrouvent. A l’église Saint-Joseph, le Père MacDermott, un Américain de 75 ans installé au Liban depuis trente ans, dénonce chaque dimanche le calvaire des domestiques et souhaite que la hiérarchie chrétienne s’implique. En 2001, les évêques du Moyen-Orient ont publié un rapport sur le calvaire des domestiques, mais il est resté confidentiel.
En 1948, le Liban a signé un traité contre la confiscation des papiers d’identité. En 1991, la Convention des droits de l’homme est devenue partie intégrante de la Constitution libanaise.

Grand reporter à France 2, Dominique Torrès est la fondatrice du Comité contre l’esclavage moderne et l’auteur d’”Esclaves” (éd. Phébus, 1996). Elle a réalisé un reportage, “Liban, le pays des esclaves”, qui sera diffusé sur France 2 dans le cadre d’”Envoyé spécial”, le jeudi 18 octobre 2007.




16 Comments. Add your own...

  • 1. marco K Montreal, Quebec | October 15th, 2007 at 12:34 am

    Nice pick up…

  • 2. micho | October 15th, 2007 at 3:28 am

    guys plz an english version of the text cuz i dont read french thx…

  • 3. Ali 1559 | October 15th, 2007 at 8:34 am

    Voyage vers le Liban et la diversité des loisirs ( soirees, sport d’hiver ) KILO RA77777

  • 4. Ingara | October 15th, 2007 at 8:50 am

    bahdaleh …..

  • 5. Rodge | October 15th, 2007 at 10:14 am

    This reporter should come to the Gulf countries to see how they are treating the domestic servants. If she does, she will change her opinion and describes Lebanon as a Paradise for those servants.

    In return, i wish the Lebanese will not come to a similar situation of those Asian and African people. At least we still have the weapon of being treated with respect outside Lebanon, especially in the Gulf countries, where they see us as the best professionals.

  • 6. LF Forever | October 15th, 2007 at 2:11 pm

    Sad stories but true! We had an ethiopean at home, than she get pregnant the first month we let her go out…We were oblige to take care of this matter! another story to add to this subject.

  • 7. Abed | October 15th, 2007 at 3:15 pm

    Great Article,
    I’d like to add one more unhumanity in lebanon: Child domestics!!! Usualy young girls from poor uncivilised family, who are “rented” by their father for a small amount of money which the poor youngster will never see.
    This little girl will then work in the house cleaning floors and dishs while she sees the children of the rich family go to school, and in the afternoon watch disney’s Cendrella with their parents and feel all together sorry for this imaginary caracter.
    Lebanese are really the most rasist and inhumain people on earth.

  • 8. Abed | October 15th, 2007 at 3:37 pm

    LF Forever,
    you feel the story is sad and yet you say: “than she get pregnant the first month we let her go out…”

    You didn’t understand a single word in the article. Try to read your work contract (if you’re an employee, or read any work contract)you’ll notice that it’s not up to you to decide if the employee get to go out or not. And it’s defenitly not up to you to decide on her fertility agenda. She’s not a CAT or a DOG that you decide to bread or not.

    And the content of this article was to say that these foreign domestics need a clear legistration on their work status. And i hope if ever it comes, it will not give you the right to
    decide any of her sexual life.

  • 9. Abed | October 15th, 2007 at 3:45 pm

    Rodge !!!
    “This reporter should come to the Gulf countries to see how they are treating the domestic servants. If she does, she will change her opinion and describes Lebanon as a Paradise for those servants.”

    If others are worst than us this doesn’t make us good and it’s definitly not a valid excuse for our behaviour. Please explain to me how Lebanon can be a paradise to those housemade?
    I’m really hoping that when i die i’d go to hell cause paradise, as you discribe it, seems a bit unfare.

  • 10. paul | October 15th, 2007 at 7:36 pm

    Le racisme est une normalité au liban.
    Étrangers sont malheureusement des humains deuxième classe.

  • 11. GMA POP 84 | October 15th, 2007 at 9:32 pm

    Many people in Lebanon treat the domestic helpers in a bad way as if the latters are slaves, but many Lebanese also treat them in a good way.

    Plus the report did not mention the robbery and theft commited b the foreign workers and even some crimes.

    Some statements in this report are wrong like the philipinos getting a salary of $200/mth bec it’’s now $400. Plus the salary they get paid in Lebanon is better than the salaries in their countries. The salaries in Lebanon might be reasonable if you compare it to te minimum wage in Lebanon.Moreover, most of the domestic helpers are working illegaly in other houses (work per hour) than of their assigned houses agreed upon in their contracts.

    It is true that some Lebanese exploit such foreignors, thus introducing new laws protecting the rights of the foreignors is mandatory and would be a great step to reduce foreignors exploitation

  • 12. Bachir 7ay Fina | October 15th, 2007 at 11:30 pm

    c vraiment penible kune emission sur ce sujet va etre diffisee sur France 2.
    je ne comprend pas pkoi ils traitent ce sujet cache(la souffrance des etrangers au liban) , et kil ne s’interessent pas a la souffance des libanais dans leurs pays.
    voila une presentation que j’ai faite ds une paroisse ici en france ( ca fait 4 ou 5mois)

    La pauvreté au Liban

    L’une des retombés les plus graves de la guerre du Liban est l’effondrement économique. Ceci dû à la fermeture de plusieurs entreprises, aux licenciements massifs et à l’arrêt de tout secteur de production et de services.
    Il en résulte le fameux problème social, à savoir, la pauvreté.
    Définissons ce terme : La pauvreté est l’insuffisance des ressources matérielles (manque d’argent) et des conditions de vie, ne permettant pas à des êtres humains de vivre dignement selon les droits légitimes et vitaux de la personne humaine, et les condamnant aux dures difficultés de la survie au jour le jour.
    Qu’en est-il pour le Liban ?
    Après la guerre de juillet dernier, les rapports montrent que le taux de pauvreté a atteint le seuil des 43% de la population. Ceci est cumulé aux 25 ans de guerre que le pays a vécu.
    Il est important de signaler qu’après les années 90, avec l’aide précieuse de plusieurs pays donateurs et amis pour le Liban – surtout la France – on a entrepris une reconstruction de grande envergure pour que le pays retrouve sa place au cœur de l’Orient.
    On a enregistré un retour en force des immigrés et déplacés de la guerre. Un flux des capitaux d’argent en provenance des pays du Golfe Arabe notamment. Un taux de croissance normal a été enregistré et une stabilisation de la livre libanaise face au dollar a été maintenue.
    Ceci n’a pas duré. En effet la chute économique a repris petit à petit en février 2005 après l’assassinat de Mr Hariri. Elle a atteint l’apogée en juillet 2006 après une guerre féroce qui a opposé des membres des milices armées face à Israël.
    Le bilan fut très lourd. Mille cent morts, des pertes de 10 milliards de dollars. Deux millions de touristes quittent le pays en 5 jours. Destruction des axes routiers, fermetures des frontières avec la Syrie, fermeture de l’aéroport national. Il ne faut pas oublier non plus les plusieurs dizaines de milliers d’habitations tombées en ruines.
    Actuellement le taux de chômage est fort élevé dans la population active. Les sources économiques évoquent la barre des 60% des jeunes diplômés.
    Beaucoup ont quitté le pays, comme je l’ai fait. D’autres attendent un visa à leur tour prêt à aller n’import ou sur cette terre pour trouver un travail et une vie stable et normale.

  • 13. LF Forever | October 16th, 2007 at 12:11 am

    Abed! if you love her such much, I give you her address than you can really help.

    Anyway I am not against the article and I didn’t mean it in this way… We took care about her and we never let her down. We helped her financially, and she ask to turn back to her country, because we couldn’t find Abed for her in Lebanon, better than the idiot who did it to her…

  • 14. Rodge | October 16th, 2007 at 11:14 am

    Abed,

    It seems you understood me wrong ya Estez.
    I totally agree with the article, and i consider the treatment they are receiving in Lebanon is unfair yes, and when i mentioned what is going on in Gulf countries, i was confirming the point of vue mentioned in the article about the unfair treatment. But when i said about Lebanon being a Paradise, i was only comparing in a sarcastic way, since we have the bad and the worse.
    At least, most of us in Lebanon, treat those people with kindness and we take care of them, and sometimes tey become a part of our family, and i’m talking about the big picture.

  • 15. Quelqu'un | November 8th, 2007 at 3:46 pm

    ce reportage est plus qu’exageré,
    je pense que Madame Torres à oublier de mentionner dans ce reportage le nombre d’infanticide causé par les bonnes, les bonnes qui maltraitent les employeurs ou encore le nombre de vol,….

    Ma bonne est traité comme un membre de la famille, et est non comme une esclave comme mentionné dans votre reportage,

    si vous souhaitez defendre les droits de l’homme et lutter contre lesclage, cest votre droit et je vous soutient contre cette lutte ne nuisez pas à l’image d’un pays en utilisant des mots assez fort pour qualifier une population qui n’est pas du tout comme vous le pretendez,

    aller plutot blamer les pays d’origine qui permettent ce genre d’activité et si la bonne nest payer que 150 dollars, il faut juste savoir que le revenu moyen dun libanais nest ke de 350-400 dollars,

    elle ne sont pas sous payer par rapport au revenu moyen de la population !!

  • 16. Liban | November 8th, 2007 at 3:56 pm

    le racisme n’est pas une normalité au Liban ya paul !!! c vrai kil ya des fami ki traitent mal les domestiques mais il ya des fami ki les considere un membre de la fami et les traite aussi bien ke les autres !! Alors on peut jamais generaliser dans ce cas !! en plus les libanais aussi ont subi bcp de racisme !! a chypre pdt la guerre il yavait a laeroport un couloir propre aux libanais ..ils consideraient les libanais comme etant des gens sales ki venaient de la guerre !! Les francais n’etaient pas meilleurs non plus avec nous! On ( les francais ) disait a la derniere minute aux libanais ki voulaient etudier chez eux kil fodrait venir !! il ya kelkes uns ki ont rate 2 semaines ou plus de leurs cours !! c pa un genre dinegalite pr les libanais?



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